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De retour de St Martin après le passage de l’ouragan Irma, deux gendarmes marnais témoignent

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Le 6 septembre 2017, l’ouragan Irma dévastait l’île de St Martin. Deux gendarmes de Châlons-en-Champagne ont passé trois mois sur place pour sécuriser les lieux et la population. Ils racontent leur expérience.

Mieux que des mots, l’adjudant-chef Emmanuel Alos et le gendarme réserviste Jean-Pierre Moutaud, de la gendarmerie de Châlons-en-Champagne, préfèrent montrer des photos pour évoquer ce qu’ils ont vu et vécu à St Martin. Arrivés sur l’île le 27 septembre, trois semaines après le passage de l’ouragan Irma, ils y ont passé trois mois, à la fois pour sécuriser les lieux et organiser le rapatriement des locaux.

Dès leur descente d’avion, les deux gendarmes sont sous le choc de ce qu’ils découvrent : “Un paysage complètement dévasté, des voitures qui ont volé pour atterrir plusieurs centaines de mètres plus loin, des arbres arrachés, des bateaux qui ont parfois éventré les maisons, des toits envolés…” et la liste est longue. Irma a fait 11 morts à St Martin et les estimations font état de 2 milliards d’euros de dégâts matériels.

“Je n’oublierai jamais le regard des enfants, quasi les larmes aux yeux quand on leur donnait du chocolat”, dit Jean-Pierre Moutaud

Au-delà d’une île entièrement à reconstruire, l’adjudant-chef Emmanuel Alos et le gendarme réserviste Jean-Pierre Moutaud, découvrent surtout une population locale traumatisée : “On a été reçu comme des libérateurs”, explique Jean-Pierre Moutaud “Ils attendaient qu’on arrive pour les aider, d’abord moralement. Ils avaient besoin de discuter et de raconter ce qu’ils avaient vécu”. Jusqu’à 620 gendarmes ont été déployés à St Martin, non pas pour reconstruire, mais pour sécuriser les lieux et la population : “Parce qu’il y avait des pillages, de magasins alimentaires mais aussi de hi-fi et d’électroménagers”.

Preuve du traumatisme vécu par les habitants de St Martin, sur les 112 gendarmes affectés sur l’île, seuls 12 ont souhaité rester en poste, les autres sont rentrés en métropole et ont été remplacés par des gendarmes mobiles ou des réservistes. “Ils savent pourtant qu’un ouragan peut arriver, mais _ce jour-là, quand ils se sont mis à l’abri chez eux, ils ne s’attendaient pas à recevoir une telle force_, un ouragan de force 5″, explique Emmanuel Alos, qui était justement chargé du rapatriement des gendarmes et de leurs familles.

Les deux gendarmes marnais racontent aussi leurs propres conditions de vie difficiles : “Au début on n’avait pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de téléphone… et il faisait chaud, mais on ne pouvait pas se doucher correctement. Une fois il a plu et on s’est mis en slip de bain avec du savon sous une gouttière cassée”, raconte Jean-Pierre Moutaud dans un sourire. “Chaque militaire était rationné à 1 litre d’eau par jour et ils n’avaient pas le droit de se baigner dans la mer à cause des débris”, renchérit Emmanuel Alos.

Le gendarme réserviste Jean-Pierre Moutaud s’envolera à nouveau pour St Martin le 5 mars prochain. “J’ai des contacts sur place, ils me disent qu’ils ont espoir de rouvrir les premiers hôtels dès cet été, mais il faudra un à deux ans pour que l’île ressemble à nouveau à ce qu’elle était avant Irma”, dit-il. Retourner sur place ? L’adjudant-chef Emmanuel Alos aimerait aussi “Pas en détachement, mais en affectation pourquoi pas”.

 

Source : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/de-retour-de-st-martin-apres-le-passage-de-l-ouragan-irma-deux-gendarmes-marnais-temoignent-1516642913

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