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Des gendarmes réservistes picards en aide aux Antilles

C’est la première fois que des pelotons entiers de gendarmes réservistes sont en mission extérieure. Ils sont 15 Picards à Saint-Martin dévasté par l’ouragan Irma. L’un d’eux raconte.

« Pour la première fois de son histoire, la France déploie des forces conséquentes de réservistes pour venir en aide aux Antilles frappées par Irma. Un départ a eu lieu avec 74 hommes et femmes venus de toute la France. Un second départ est prévu EN novembre  », explique le capitaine de réserve Benoît Reverdy, commandant du premier peloton, compagnie 80/01. Lui se tient prêt pour la seconde vague. Motivé comme jamais.

Parmi les Picards du premier départ se trouve Samuel Coulon. Cet Amiénois de 43 ans est sur l’île de Saint-Martin depuis deux semaines. L’île a été ravagée le 9 septembre par l’ouragan Irma. Malgré l’absence d’internet et les coupures de relais de téléphonie, il a pu échanger avec le Courrier picard. «  Je suis logé dans un hôtel au niveau de l’Orient Bay qui est bien endommagé. Nous sommes coupés du reste du monde. Pas de télévision, un peu de radio dans la voiture. Nous avons de l’électricité. Quant à l’eau c’est intermittent. C’est de l’eau de mer dessalée. Les quantités sont suffisantes pour la douche et le linge. Ensuite nous disposons de rations de combat et de bouteilles d’eau  », raconte-t-il.

«  on ressent très vite qu’ils ont subi un énorme traumatisme »

Il est affecté à la sécurisation et l’aide aux populations dans deux quartiers : Oyster-Pond et Orléans. «  Il y a un quartier composé de Métropolitains qui fait face aux pillages et un autre très pauvre touché par la délinquance, les trafics de drogue et où on trouve également des armes. Dans les deux cas, il faut être très vigilants  ». Si les télévisions ont diffusé des images des dégâts suite au passage de l’ouragan, il est impressionné par ce qu’il découvre, de jour comme de nuit. Toutes les maisons sont au minimum très endommagées. D’autres ont disparu. Il y a des dizaines de voitures écrasées. «  L’Île est vraiment très abîmée. Il y a des déchets partout. Les animaux domestiques ont été laissés sur place  », constate-t-il.

Le gendarme réserviste est ici pour une mission de trois mois. Il se dit simplement «  heureux de servir  ». D’autant que les habitants les accueillent avec bienveillance, «  on ressent très vite qu’ils ont subi un énorme traumatisme  », dit-il. Et si la population est rassurée par la présence des gendarmes, une minorité est aussi dérangée dans l’organisation de divers trafics.

« Près de 20000 personnes ont quitté l’île sur une population de 70000. Ceux qui sont restés n’ont plus d’emploi. J’ai échangé avec une dame qui tient une pizzeria à Oyster-Pond. Elle est là depuis 20 ans. Elle craint le départ des aides humanitaires. Elle se demande comment la population va se nourrir  », ajoute-t-il.

Les besoins sont énormes : en priorité l’eau potable, mais aussi évidemment l’électricité et de la nourriture. «  Et bien sûr de la sécurité. On fait tout pour ça  », dit-il.

Samuel Rousseau a pu partir très vite car cet ancien militaire était à jour de ses vaccins. Il a aussi été gendarme auxiliaire dans (l’ex) brigade de Salouël en 1995. Sa carrière de militaire terminée, il a rejoint la Poste. Il est aujourd’hui employé à Roye comme pilote de production référent. C’est un sportif. Un ancien cycliste qui a couru le critérium Jean-Renaux d’Amiens en 1999.«  Mes enfants ont grandi et je me suis dit que pour continuer à servir la population il y avait la réserve. J’y suis depuis juillet 2016  », dit-il. Il ajoute «  J’ai pris un congé sans solde pour partir et celui-ci a gentiment été accepté. Je me sens utile. Les gens ont vraiment besoin d’être aidés et d’être rassurés  ».

DAVID VANDEVOORDE

Source : http://www.courrier-picard.fr/63354/article/2017-10-12/des-gendarmes-reservistes-picards-en-aide-aux-antilles