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Vosges : des civils s’engagent sans réserve dans la gendarmerie

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Dans les Vosges, ils sont 230. L’objectif est d’en obtenir 100 de plus dans les mois à venir. Ils, ce sont des civils. Des réservistes qui viennent renforcer les unités des gendarmes d’active. 30 % sont des femmes.

L’effectif des réservistes ne cesse d’augmenter depuis les attentats terroristes de 2015. Une montée en puissance voulue par le Gouvernement « surtout après l’attaque de Nice », souligne le chef d’escadron Philippe Liendle, qui affiche bientôt 24 ans d’exercice à la réserve dans la gendarmerie. L’officier Liendle, ingénieur en électromécanique à Strasbourg, a pour rôle de gérer les réservistes vosgiens qui ont signé un contrat de deux, trois ou cinq ans renouvelables. Il les encadre et les forme. « Les missions me sont confiées par le groupement de gendarmerie des Vosges. » Des missions qui se préparent. « Cela demande du temps », poursuit Philippe Liendle.

Les réservistes vosgiens peuvent être appelés en dehors du département. « Dans ce cas, on n’est plus sous les ordres du commandant de groupement mais de la région militaire de Metz (Région zonale regroupant le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté).» Lors de l’attentat de Bruxelles en mars 2016, « nous avons eu comme tâche la surveillance de la frontière entre la France et la Belgique et les barrières de péage. En juillet, nous sommes intervenus sur cinq étapes du Tour de France. Il n’y avait pas assez de gendarmes d’active. Les escadrons de gendarmerie mobile étaient déjà fortement mobilisés. Il a été fait appel à 75 réservistes autonomes : jeunes, expérimentés, anciens de l’arme. » En août, le chef d’escadron Liendle et un peloton de 60 hommes et femmes ont, une nouvelle fois, dépassé les frontières vosgiennes. Ils étaient à Grostenquin (Moselle) à l’occasion du regroupement des gens du voyage. « Il y avait 4 000 caravanes. »

Des réservistes de la gendarmerie sont envoyés chaque week-end dans des unités. « Ils patrouillent dans les quartiers pour lutter contre les cambriolages. Ils peuvent constater une infraction. Ils contrôlent la vitesse sur les routes et autoroutes. Vérifie si un automobiliste n’est pas fiché S… » Ils sont, bien sûr, appelés en renfort sur de grosses missions. On a pu s’en rendre compte au festival international du film fantastique, à la fête des jonquilles ou au triathlon de Gérardmer. Pendant la visite d’élus politiques (François Hollande en début d’année, Stéphane Le Foll en mars). Tout récemment, la foire de Poussay, qui a rassemblé près de 150 000 personnes sur 22 hectares, a mobilisé 60 réservistes. Ces civils qui ont rejoint la réserve opérationnelle seront prochainement appelés à la rescousse sur les marchés de Noël et les défilés de la Saint-Nicolas.

Le réserviste, formé au self-défense, peut passer les menottes à toute personne. Il est impossible de le différencier d’un gendarme d’active. Sa tenue est identique. Il porte le gilet pare-balles. Depuis le mois de mars, il a les mêmes droits d’usage des armes (pistolet automatique 9 mm, bâton, bombe lacrymogène). « On commence à se professionnaliser. On nous confie de plus en plus de missions », note l’officier de réserve Niendle.


« Lorsqu’on part plusieurs jours, on dort dans des casernes militaires. Ça fait colonies de vacances. »


Ce qu’ils en pensent

C’est plus varié

L’adjudant Didier Sarrazin Photo Victor SALVADOR
L’adjudant Didier Sarrazin Photo Victor SALVADOR

Adjudant Didier Sarrazin

« J’ai quitté la gendarmerie pour entrer dans l’administration. J’aimais ce que je faisais. J’ai voulu garder un pied dans la gendarmerie. Cela fait 9 ans que j’ai rejoint la réserve. Ce qui me permet d’être déployé dans toutes les Vosges ; ce qui n’est pas le cas lorsqu’on est en brigade. L’année dernière, je suis allé en montagne parce que j’ai des qualifications en la matière. »


Un bon test

Anthony Conti Photo Victor SALVADOR
Anthony Conti Photo Victor SALVADOR

Anthony Conti

« Je vais tenter le concours d’officier de gendarmerie. Avant de me lancer, j’ai voulu être réserviste de façon à savoir ce à quoi le gendarme est confronté. C’est un bon test. Une bonne expérience. C’est aussi une belle façon de vivre réellement le métier. La mobile m’attire beaucoup parce qu’on bouge constamment. Et d’un autre côté, les enquêtes me tentent bien. »


Le métier m’attire

Oriane Humblot. Photo Victor SALVADOR
Oriane Humblot. Photo Victor SALVADOR

Oriane Humblot

« Je suis réserviste depuis un peu plus de deux ans. Le métier de gendarme m’attire depuis longtemps. Je passe le concours d’officier en mars. Mon objectif est d’intégrer une brigade de recherches qui entre plus dans mon cursus des sciences criminelles. Avant cela, j’aimerais faire partie de la gendarmerie mobile pour me forger une expérience et voir du pays. »


Laurence MUNIER

Source : http://www.vosgesmatin.fr/edition-d-epinal/2017/11/13/des-civils-s-engagent-sans-reserve-dans-la-gendarmerie