Ces réservistes de la région engagés dans la garde nationale : «Je voulais être utile»

13 novembre 2019 - 10:00Partager sur Facebook (5)Partager sur Twitter (7)

Quatre ans après les attentats du 13-novembre 2015, on fait le point sur la garde nationale. Créée en 2016, elle se compose des réserves existantes de l'armée, de la gendarmerie et de la police. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, 2 500 personnes en sont membres, dont beaucoup sont issus de la société civile. Reportage à la gendarmerie de La Bassée.


Prof et gendarme. Enseignant en génie civil au lycée pasteur d'Hénin-Beaumont, Patrice porte aussi le képi sur son temps libre depuis deux ans. Il fait partie des 2 500 réservistes (45 % dans la gendarmerie, 35 % dans l'armée et 20 % dans la police) composant la garde nationale dans le Nord et le Pas-de-Calais. Ce mardi, l'homme de 50 ans, originaire de la métropole lilloise, est affecté à la brigade de La Bassée. Au programme : enquêtes de voisinage après un vol de voiture et des dégradations, patrouille en voiture et contact avec la population. « Je suis réserviste 20 à 30 jours par an dans l'arrondissement de Lille, en fonction de mes disponibilités et des besoins. »

Patrice est équipé d'une arme de poing, d'un uniforme, d'un gilet-pare-balle, de menottes et d'un bâton de défense. « Visuellement, pour le citoyen lambda, rien ne me distingue d'un gendarme en activité ». Marié, Patrice s'est engagé quand ses contraintes familiales se sont allégées. « J'ai toujours voulu être gendarme, j'avais hésité avec l'enseignement. J'ai attendu que mes enfants grandissent (13 et 18 ans) pour intégrer la réserve. »
« Servir son pays, c'est important. Je souhaitais contribuer à la sécurité des biens et des personnes. »
Cette vocation répond à des valeurs. « Servir son pays, c'est important. Je souhaitais être utile à la société, contribuer à la sécurité des biens et des personnes. » Il est devenu réserviste après des entretiens, des tests psychologiques et physiques, et une formation, par exemple à l'usage du pisolet. Et il ne regrette pas son choix. « Nos missions sont variées : lutte contre les cambriolages ou l'immigration clandestine sur le littoral, sécurisation d'événements, contrôles routiers... À tout moment, on peut aussi être amené à aller sur des choses graves, ça ne m'est pas encore arrivé. Même s'il ne se passe rien d'extraordinaire, j'ai l'impression que ma présence a rassuré les gens. »

« Apporter mon expérience »

Comme Patrice, de nombreux actifs ont rejoint la garde nationale en plus de leur travail : ils sont 44 % parmi les 76 000 réservistes un peu partout en France. Elle comprend aussi 16 % d'étudiants, 2 % de chômeurs et 19 % d'« autres », comme l'indique la plaquette officielle.

Jean-Marc, 61 ans, appartient quant à lui aux 19 % de retraités. Il accompagne Patrice ce mardi, avec un gendarme en activité. Après 38 années passées dans la gendarmerie, le major a décidé de continuer l'aventure au sein de la réserve, depuis quatre ans. « Mon rôle est d'apporter ma connaissance et mon expérience aux plus jeunes. »



Un renfort de volontaires qui permet aussi de soulager les brigades de certaines missions de routine.



«Répondre à une soif d'engagement»

La garde nationale a été lancée en 2016 par François Hollande, après la série d'attentats (Charlie Hebdo, Paris, Nice) ayant frappé la France. « Il s'agissait d'y apporter une réponse politique en s'appuyant sur la réserve opérationnelle (armée, gendarmerie, police), qui existait déjà, et en faisant en sorte qu'elle monte en puissance », rappelle la générale Anne Fougerat, secrétaire générale de la garde nationale. Celle-ci a connu un engouement : de 54 000 membres en 2015, elle est passée à 76 000 aujourd'hui, dont 65 % sont issus de la société civile. « L'objectif final est de 85 000 ».

« Une envie de sens »

Pour Anne Fougerat, la garde nationale a permis de « répondre à la soif d'engagement des Français qui avaient été heurtés par les attentats et voulaient s'engager pour la sécurité de leurs compatriotes. Ça a apporté des effectifs et créé une dynamique autour d'un label fédérateur. » Le soufflé n'est pas retombé, estime la générale. « On sent une envie de sens, notamment chez les jeunes et dans le monde de l'entreprise. » Aujourd'hui, 38 % des réservistes ont moins de 30 ans et 20 % sont des femmes.


Comment devenir réserviste ?

Pour devenir réserviste, il faut être un Français âgé d'au moins 17 ans et avoir accompli son service militaire ou sa journée citoyenne. Prioritairement, la garde nationale recrute les volontaires ayant moins de 40 ans et issus de la société civile. L'âge maximal pour exercer dans le dispositif est de 72 ans. Autre condition, ne pas avoir été condamné à une perte des droits civiques, à une interdiction d'exercer un emploi public, à une peine criminelle ou à une destitution de grade militaire. Les candidats peuvent ensuite choisir la force dans laquelle ils souhaitent servir. Puis une sélection est effectuée.

Les salariés du privé ont droit à cinq jours ouvrés d'absence par an (huit pour les entreprises de plus de 250 salariés) pour servir dans la réserve, avec maintien de la rémunération. La durée est de cinq jours également dans le public. Une prolongation est possible avec accord de l'employeur ; des conventions sont aussi signées entre le ministère des Armées et des entreprises ou collectivités, comme en septembre avec le conseil régional des Hauts-de-France. Un réserviste effectue en moyenne 32 jours d'activité par an, il perçoit une solde.

Pour toute information : www.garde-nationale.gouv.fr


Par Benjamin Duthoit

Source : https://www.lavoixdunord.fr/665055/article/2019-11-13/ces-reservistes-de-la-region-engages-dans-la-garde-nationale-je-voulais-etre#&VP=0

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