Les missions spéciales de ces réservistes de nuit, à Hirson

02 avril 2019 - 12:01Partager sur Facebook (89)Partager sur Twitter (59)

Une unité de réservistes de la compagnie de Vervins renforce le Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) et intervient exclusivement la nuit.


Les mêmes missions que le Psig

Au sein de la réserve de la gendarmerie, constituée de civils qui s'engagent au service de l'État, il existe une section particulière : les réservistes qui secondent le Psig d'Hirson, le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie. Ce dispositif est très rare en France et unique en Picardie. Ces réservistes-là, constituent, en quelque sorte, le « Psig intérimaire ». Ils portent le nom de DSI, pour Détachement de surveillance et d'intervention, sont autonomes, et sont amenés à accomplir toutes les missions du Psig : flagrant délit de cambriolages, interpellations… Le chef d'escadron Hollard, commandant de la compagnie de Vervins, qui a créé cette section de réservistes, explique : « Il s'agit d'une unité de circonstance, le DSI, créée en octobre 2016 (après les attentats de novembre 2015). La réserve opérationnelle de la gendarmerie avait des budgets à mettre à disposition. Pour moi, la meilleure façon était de les utiliser pour les réservistes.

Ces réservistes-là constituent, en quelque sorte, le “Psig intérimaire”


Et sur le créneau le plus sensible, la nuit, parce que c'est là que c'est le plus difficile de déployer les gendarmes. De cette manière, on garde un bon niveau de disponibilité des forces de gendarmerie. La nuit, c'est une autre forme de délinquance, plus intéressante pour les réservistes. Tout le monde y gagne. Ils ont de l'énergie à revendre, ils sont capables de venir faire une vacation après leur travail. En quelque sorte, ils ont une âme de chasseur, et ça se ressent. » Les autres façons d'employer les réservistes sont plus classiques, avec une patrouille, pour renforcer les brigades…

Le début de polémique

« Au début, j'ai ressenti beaucoup de réticence à employer cette unité, le DSI, composée exclusivement de réservistes, se souvient le commandant, de manière autonome en dehors de la présence de gendarmes “d'active”. Et pourtant, cela renforce leur esprit de cohésion, d'être entre eux, car ils viennent d'un autre monde que celui de la gendarmerie. La critique, c'était : ce sont des amateurs qui prennent la place de professionnels. C'est faux. C'est un soulagement qu'ils soient là. Ils sont là pour renforcer et compléter sur ce créneau. Le DSI de réservistes d'Hirson fait plus de flagrants délits que certains Psig de l'Aisne. Le gendarme Flamant a fait 3 ou 4 interpellations en flagrant délit en 2017 : c'est plus que certains gendarmes “d'active” dans toute leur carrière. »

La formation

Le Détachement de surveillance et d'intervention a été formé sur le terrain par le Psig et va en formation deux fois par mois (techniques d'interpellation, emploi du taser, du bâton…). « Petit à petit ils sont aussi compétents que le Psig », estime le commandant. Au rang des moyens, ils disposent de : pistolets, tasers, bâtons télescopiques, gazeuse lacrymogène, menottes, gilets pare-balles, radios et d'un « lapi » (un véhicule équipé de Lecteur automatique de plaques d'immatriculation). « Ils sont équipés comme les gendarmes professionnels, ce n'est pas le cas partout »…

Le recrutement

« Pour ceux qui veulent intégrer la gendarmerie : localement, il y a cette unité particulière, avertit le commandant. On cherche à recruter. On a un besoin continu d'enrichir le vivier. C'est une forme d'action particulière qu'ils ne retrouveront pas ailleurs. Il faut s'adresser à la brigade la plus proche de chez soi, demander un dossier, se soumettre à la sélection. Ce petit joyau de la réserve n'existe pas ailleurs. Je veux l'ancrer dans le temps ! »

Portrait de quatre de ces réservistes à part

L'adjudant-chef Eddie Gilbert a effectué son service militaire dans l'armée de terre. Il a intégré, il y a 15 ans, la réserve de Saint-Quentin puis celle de Vervins, il y a 3 ans. Il travaille dans « le monde du radiateur, chez Acova Zehnder » et vit à Seboncourt. Il a 50 ans et a « toujours aimé l'uniforme et l'action ». Le gendarme Laura Demange a 29 ans et vit à Origny-en-Thiérache. Elle était gendarme adjoint volontaire avant d'être la première femme à rejoindre le Psig de réserve d'Hirson. « C'est une bonne équipe, une bonne ambiance. Ça joue, sinon c'est monotone. On a appris à se connaître. On sait comment travaillent les autres. » Elle a participé aux opérations de surveillance et de maintien de l'ordre durant 3 mois à Saint-Martin, après le cyclone. Elle y a appris à prendre du « recul ». Pour elle, cette expérience « apprend à vivre ». Laura Demange est aussi opératrice de production chez AML. Le 2de classe Loïc Colras, 19 ans, vit à Boué. Il est en BTS Négociation et digitalisation de la relation client. « Je suis attiré par la gendarmerie, j'ai fait ma PMG (préparation militaire à la gendarmerie) pour entrer dans la réserve, à 18 ans. Le DSI, je cherchais ça : pas de routine, et de l'action. Je l'ai intégré après une formation. Je suis le plus jeune. J'étais stressé, mais les plus anciens sont là pour me corriger. Je me suis inscrit au concours de sous-officier, je le passerai en octobre. » « Il fait partie de ceux qui intègrent très vite le DSI, on sentait qu'il avait les qualités, décrypte le commandant. Pour le DSI, il y a une sélection. On tient à ce que les gens aient un minimum de compétences, une attitude, une certaine forme de courage, de dynamisme et d'engagement. » Le gendarme Jean-Baptiste Flamant a 32 ans. Il vit à Étréaupont et a créé sa société de vente de combustible. Il a intégré la réserve de Vervins en 2006. « Au début, j'étais là pour compléter une patrouille. J'ai eu envie de plus. En 2016, j'ai intégré le Psig réserve (aujourd'hui, DSI). Ce n'est pas du tout la même façon de travailler. Ça me tient à cœur, ce que je fais. Je suis impatient, à la fin du mois, d'avoir mon planning. »






Photos : lunion.fr

Sophie Ughetto

Source et photo(s): https://abonne.lunion.fr/id55097/article/2019-04-02/les-missions-speciales-de-ces-reservistes-de-nuit-hirson

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